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Lot 107 - Spilliaert Léon (1881 - 1946) - Belgique - Autoportrait, 3 novembre (1908) -[...]

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Spilliaert Léon (1881 - 1946)
Belgique
Autoportrait, 3 novembre (1908)
Aquarelle, craie de couleur, encre de Chine, lavis
Sig. 08
49,7 x 65 cm
"Les Autoportraits sont sans doute les œuvres les plus remarquables des premières années de Léon Spilliaert (1881-1946). La série extraordinaire d’une quinzaine d’ autoportraits analytiques, créés dans un court laps de temps d'environ Septembre 1907 à Novembre 1908, ont été précédés par des représentations plus réalistes descriptives (1903-1904) dans lesquelles il avait articulé son statut social, suivant l’art traditionnel du portrait, Plus de la moitié de ces chefs-d ‘œuvres se trouvent dans des institutions muséales en Belgique (tous les grands musées belges) et à l'étranger (Paris, Orsay ; New York, MET ; Detroit Art Institute ; Himeji Museum). La rétrospective à Bruxelles en 2006 les a tous réunis.
Toutefois, la recherche d’ un autoportrait de 1908, connu d'une reproduction en noir et blanc dans un petit catalogue publié en automne 1912, continua.
Lors du XIXème Salon annuel du groupe d'art Le Sillon, qui organisa une importante exposition au Musée d'Art Moderne à Bruxelles du 26 Octobre au 17 Novembre 1912, avec plus de 150 œuvres, Spilliaert montra 10 œuvres, dont un « Portrait », numéro de catalogue 127.

Abandonnant l’exploration de son identité en tant qu'artiste-homme de métier, où il se représente au chevalet ou avec un carnet de croquis à la main, Spilliaert part en quête de l’homme au-delà de son apparition physique. Le format des compositions s’élargit et le cadrage ne retient plus que le haut du buste, légèrement vu d’en dessous. La lumière incidente est captée par la chevelure, le front haut, les feuilles de papier et la nappe. Quelques petits pots à eau et à pinceaux et bien singulièrement un couteau de peintre font office de repoussoirs. Contrairement aux portraits précédents, aucun début d’ acte créatif est visible, aucune référence à la planche en bois porteur de la feuille blanche; la méditation et le silence sont les seuls motifs principaux de la composition. « Autoportrait 3 Novembre (1908 » est étroitement lié à l’ « Autoportrait 2 Novembre » où Spilliaert engage la confrontation avec lui-même frontalement. Le décor est quasiment le même, le même intérieur nocturne avec des vitres réfléchissantes et un petit calendrier à effeuiller. L'isolement de la pièce contribue à la sensation de tension, les orbites sont remplis de ténèbres impénétrables, les coins de la bouche sont fermement serrés.

L’ « Autoportrait » est essentiellement la recherche d'une identité, traduit la scission intérieure de l’acte de voir et d’être vu simultanément, et quand l'artiste est tenté de poursuivre le voyage introspectif à l'extrême, il introduira consciemment un sentiment de violence et de distorsion.
Tellement courageux et fort, l'esprit créatif qui sait suggérer et rendre d’une telle façon radicale l’instant de la coexistence simultanée de la vie et de la mort dans le temps et l’espace."

Dr. Anne Adriaens-Pannier


"XIXème Salon annuel" Le Sillon, Bruxelles 1912, cat. expos., no. 127 reprod.
"Léon Spilliaert of de schoonheid van een wijs hart" Anne Adriaens-Pannier/Ronny Van de Velde, Pandora 1998, no. 21, p. 99 reprod.
"Spilliaert. De bezielde blik" Anne Adriaens-Pannier, Ludion 2006, no. 371, p. 259 reprod.
Sera repris dans le catalogue raisonné en préparation par Mme Anne Adriaens-Pannier

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes